Numérique et IA · 2026-10-27
Le petit sablier sur le canapé
Les directives de l'OMS recommandent de ne pas dépasser une heure de temps d'écran par jour pour les jeunes enfants. La véritable clé est de comprendre ce que ces écrans remplacent.
De nombreux parents ressentent une pointe d'anxiété familière face au temps passé devant les écrans. Les tablettes, les télévisions et les téléphones sont étroitement tissés dans notre vie quotidienne, nous laissant constamment perplexes : « Mon enfant regarde-t-il trop les écrans ? »
En 2019, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié des recommandations pour les enfants de moins de cinq ans. Les préconisations sont directes : pas d'écran pour les nourrissons de moins d'un an, et pas plus d'une heure par jour de temps d'écran sédentaire pour les enfants de deux à quatre ans — et moins, c'est mieux 1. Mais si nous examinons ce document de plus près, nous réalisons que ces directives ne concernent pas uniquement les écrans. Elles portent sur tout ce dont un enfant a besoin pour équilibrer une journée de 24 heures en bonne santé.
Que remplacent les écrans ?
Nous considérons souvent les écrans comme l'ennemi ultime, mais les spécialistes du développement voient la question sous un angle légèrement différent. La préoccupation principale n'est pas seulement que le rectangle lumineux soit intrinsèquement mauvais ; c'est ce que l'écran remplace.
Chaque minute qu'un tout-petit passe assis passivement devant un dessin animé est une minute où il ne court pas, ne malaxe pas de la boue entre ses doigts, ne cherche pas votre regard ou ne tourne pas les pages épaisses d'un livre. Le cerveau des jeunes enfants est conçu pour apprendre par des expériences multisensorielles dans le monde réel. Lorsqu'ils saisissent un bloc de bois ou poursuivent un chien dans l'herbe, leur cerveau s'active à construire des réseaux neuronaux complexes. Une utilisation intensive des écrans échange silencieusement ces occasions irremplaçables d'explorer le monde physique.
Des petits corps faits pour bouger
Le document de l'OMS s'intitule en réalité Lignes directrices sur l'activité physique, le comportement sédentaire et le sommeil chez les enfants de moins de 5 ans. Il se concentre moins sur l'interdiction des appareils que sur la célébration du mouvement des corps.
Les directives recommandent que les jeunes enfants bénéficient d'au moins 180 minutes d'activité physique variée chaque jour. Cela peut sembler être une montagne insurmontable, mais cela se décompose facilement. Il ne s'agit pas nécessairement de sport structuré. Sauter dans les flaques d'eau après la pluie, vous aider à porter les pommes de terre du sac de courses au comptoir de la cuisine, ou simplement danser sur de la musique dans le salon, tout cela compte comme un mouvement de haute qualité.
En Suisse, les enfants des jardins d'enfants en forêt (Waldkindergarten) passent des heures dehors chaque jour, quel que soit le temps. Ce jeu de plein air par tous les temps permet non seulement de dépenser une énergie débordante, mais réduit aussi naturellement l'envie de s'asseoir devant un écran. La nature offre son propre divertissement captivant et apaisant.
Actif tout en restant assis
Bien sûr, les parents sont parfois épuisés. Il y a des moments où vous avez simplement besoin de cuisiner le dîner en paix, et la télévision semble être une baby-sitter indispensable. C'est tout à fait normal, et il n'y a aucune raison de se sentir coupable. L'objectif est l'équilibre général, pas une perfection punitive.
L'OMS suggère de remplacer le « temps d'écran sédentaire passif » par un « temps sédentaire de qualité ». Lorsqu'un enfant doit rester assis tranquillement, nous pouvons lui proposer un panier de livres d'images, un puzzle simple, ou des crayons et du papier.
Même poser de grandes questions ne nécessite pas d'écran. Par exemple, lorsqu'un enfant fatigué et en sueur se laisse tomber sur le tapis et demande à Sparkie : « Pourquoi transpire-t-on ? », l'interaction est immobile, mais l'esprit reste merveilleusement actif et engagé. Une compagnie de qualité, le récit d'histoires et les jeux calmes et concrets sont les façons les plus nourrissantes de combler les moments où les écrans sont éteints.
Choses à essayer à la maison cette semaine
- Observez le compromis : La prochaine fois que vous saisirez la télécommande ou la tablette, faites une pause et demandez-vous : « Si nous ne regardions pas d'écran maintenant, que ferait mon enfant à la place ? » Si la réponse est dormir ou jouer dehors, vous devriez peut-être reconsidérer l'écran.
- Créez une « boîte de secours anti-ennui » : Gardez une boîte spéciale près du canapé contenant quelques livres, des blocs à dessin ou des autocollants avec lesquels votre enfant ne joue pas tous les jours. Lorsque vous avez besoin de 15 minutes de calme, proposez cette boîte en premier.
- Protégez l'heure avant le coucher : La lumière bleue émise par les écrans supprime la mélatonine, l'hormone qui aide au sommeil. Essayez d'éteindre tous les écrans une heure avant le coucher, en les remplaçant par des histoires ou des discussions douces pour construire un pont calme et serein vers le sommeil.