Numérique et IA · 2026-03-30

Les écrans dorment-ils la nuit ?

Que dit réellement l'OMS à propos des jeunes enfants et des écrans ? Un regard serein sur les recommandations et la manière de trouver l'équilibre entre les appareils numériques et le jeu actif.

Dans les foyers modernes, les écrans sont omniprésents. De la tablette qui offre un moment de calme aux smartphones que nous consultons sans cesse, les appareils numériques font partie intégrante de notre vie quotidienne. Il est facile de se sentir dépassé par les conseils contradictoires sur la manière d'élever des « natifs du numérique ». Pour de nombreux parents, la technologie apporte aussi son lot de culpabilité et une question récurrente : mon enfant passe-t-il trop de temps devant un écran ?

En 2019, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié des recommandations pour les enfants de moins de cinq ans. Plutôt que de se concentrer uniquement sur la restriction des appareils, ces directives examinent la situation globale : le cycle de 24 heures. L'objectif est d'aider les familles à trouver un équilibre sain entre l'activité physique, les comportements sédentaires et le sommeil.

Le cycle de 24 heures : ce que disent les directives

Les recommandations de l'OMS sur le temps d'écran sont claires et spécifiques à chaque âge, fondées sur l'idée que le cerveau et le corps en développement ont besoin de beaucoup d'espace pour bouger et grandir :

  • Moins d'un an : Le temps d'écran sédentaire n'est pas recommandé.
  • 1 à 2 ans : Pour les enfants d'un an, le temps d'écran sédentaire n'est pas recommandé. Pour les enfants de 2 ans, le temps d'écran ne doit pas dépasser 1 heure par jour (moins, c'est encore mieux).
  • 3 à 4 ans : Le temps d'écran sédentaire ne doit pas dépasser 1 heure par jour.

« Remplacer les périodes de sédentarité passées devant un écran par des jeux plus actifs, tout en veillant à la qualité du sommeil, apportera de meilleurs bénéfices pour la santé. »

— Organisation mondiale de la Santé 1

C'est ce que les écrans remplacent qui compte

Les sciences du développement nous montrent que les premières connexions cérébrales reposent largement sur les interactions physiques en trois dimensions et sur la réactivité des visages humains. Les enfants apprennent la gravité en laissant tomber une cuillère depuis leur chaise haute, et ils apprennent l'empathie en observant vos réactions. L'écran, plat et prévisible, ne peut pas reproduire cet environnement d'apprentissage multisensoriel si riche.

Les écrans ne sont pas intrinsèquement toxiques, mais ils peuvent être problématiques en raison de l'« effet de déplacement ». Lorsqu'un jeune enfant regarde un écran pendant de longues périodes, il ne rampe pas sur le tapis, ne renverse pas de blocs en bois, ne creuse pas dans la terre et n'échange pas de sourires avec son parent.

Toutefois, tous les temps d'écran ne se valent pas. L'Académie américaine de pédiatrie (AAP) note que les appels vidéo avec un grand-parent ou un proche constituent une exception notable. Parce que les appels vidéo sont interactifs et sociaux, ils aident les enfants à construire des relations émotionnelles plutôt qu'à consommer passivement du contenu 2.

La connexion améliore le temps d'écran

Nous savons tous que la réalité de la vie de parent ne correspond pas toujours parfaitement aux directives idéales. Parfois, laisser votre enfant regarder un programme pendant que vous préparez le dîner ou répondez à un e-mail urgent est simplement un outil nécessaire à la survie de la famille. Il n'y a pas de raison de culpabiliser.

Il est important de trouver du contenu de haute qualité et adapté à l'âge, car les jeunes enfants ont du mal à distinguer la publicité du programme lui-même. Lorsque les écrans sont utilisés, le « co-visionnage » fait une différence significative. Même s'il s'agit d'un court épisode de 10 minutes, le regarder ensemble en fait une expérience partagée plutôt qu'isolante.

Si vous le pouvez, asseyez-vous avec votre enfant, ou restez à proximité et discutez de ce qui se passe à l'écran. Demandez-lui : « À ton avis, que va faire le chiot ensuite ? ». Adoptez l'esprit SCEPTICS consistant à « poser une question de plus ». Cela transforme le visionnage passif en une conversation active et partagée.

(Note : Si vous avez des inquiétudes persistantes concernant le sommeil, le comportement ou les étapes du développement de votre enfant, un pédiatre ou un professionnel qualifié est la personne idéale à consulter.)

Choses à essayer à la maison cette semaine

  • Créez une zone ou un moment sans écran : essayez de faire de la table du dîner une zone sans téléphone, ou éteignez tous les écrans une heure avant le coucher. Cela aide les petits cerveaux à s'apaiser et à se préparer pour une bonne nuit de sommeil.
  • Reliez l'écran au monde réel : si votre enfant regarde une émission sur les insectes ou la cuisine, transposez ce concept dans la réalité. Allez vous promener ensemble pour chercher des insectes, ou mélangez de la farine et de l'eau dans la cuisine.
  • Profitez d'un temps numérique interactif : la prochaine fois que vous passerez un appel vidéo à un membre de la famille, encouragez votre enfant à montrer une peinture qu'il vient de faire ou une tour qu'il a construite. Laissez-le vivre la technologie comme un outil positif de connexion.